Semaine 14 : l’actualité internationale

Entre les mauvais résultats des élections municipales pour l’AKP d’Erdogan en Turquie, la démission d’Abdelaziz Bouteflika en Algérie et le retour de Carlos Ghosn derrière les barreaux, le point sur l’actualité internationale de cette semaine, accompagné de notre « Point focus Afrique ».

  • C’est une hécatombe électorale pour le président Recep Tayyip Erdogan. Les élections municipales ont eu lieu dimanche 31 mars et l’AKP, parti au pouvoir, a essuyé une grosse défaite : il a perdu le contrôle sur deux grandes villes du pays, à savoir Ankara et Istanbul. L’adage du président selon lequel « Qui contrôle Istanbul, contrôle la Turquie » n’a jamais été autant d’actualité puisque la capitale économique et financière du pays semble être passée aux mains du CHP, parti d’opposition. Cela faisait vingt-cinq ans que ces deux villes étaient contrôlées par l’AKP. Ce manque de confiance est très certainement lié à la récession économique : la croissance est en baisse, le chômage en hausse… Le peuple étouffe et a sanctionné le parti au pouvoir.

En savoir plus : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/04/02/turquie-la-perte-d-istanbul-et-d-ankara-est-un-serieux-avertissement-pour-l-akp-et-erdogan_5444730_3210.html

  • Mardi 2 avril, Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans en Algérie, a remis sa démission. Depuis le 22 février, la population algérienne se mobilise dans la rue pour le chasser. En cause : son incapacité à diriger le pays due à la maladie. Lâché par l’armée, principal outil de maintien du régime, celui-ci ne briguera donc pas de cinquième mandat, pas plus qu’il ne prolongera le quatrième. C’est une première victoire pour les manifestants mais ils appellent aujourd’hui à la fin du système Bouteflika. Ils s’en prennent aussi à Saïd et Nasser Bouteflika, les deux frères du président et à son entourage de façon plus générale. Plus que jamais, la question de savoir qui dirige, et qui dirigera le pays à l’avenir reste posée.

En savoir plus : http://www.rfi.fr/afrique/20190403-algerie-comment-armee-precipite-chute-president-bouteflika

https://www.jeuneafrique.com/759195/politique/apres-le-depart-de-bouteflika-les-algeriens-dans-la-rue-pour-un-septieme-vendredi-consecutif/

  • Carlos Ghosn a de nouveau été interpellé jeudi 4 avril. Jusqu’ici en liberté surveillée, il a été conduit au parquet de Tokyo puis à nouveau placé en détention. Il est une nouvelle fois soupçonné d’avoir détourné des fonds et il est alors accusé d’un nouvel abus de confiance par Renault et Nissan. Il aurait fait transféré des fonds vers une filiale Nissan à Oman puis une partie aurait transitée vers le fond d’investissement d’un de ses amis au Liban. Cet argent aurait servi pour financer des investissements personnels de Carlos Ghosn. L’avocat de Carlos Ghosn demande une séparation des affaires et réclame des procès équitables. Quelques heures auparavant, il avait annoncé sur Twitter la tenue d’une conférence de presse le 11 avril, durant laquelle il aurait pu s’exprimer sur les affaires qui le concernent. Depuis le mois de novembre, c’est la quatrième fois que l’ancien PDG de Renault-Nissan est arrêté et placé en détention.

En savoir plus : https://www.francetvinfo.fr/economie/automobile/carlos-ghosn/japon-carlos-ghosn-retourne-en-prison_3265855.html

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/04/05/le-tribunal-de-tokyo-prolonge-la-garde-a-vue-de-carlos-ghosn-jusqu-au-14-avril_5446067_3234.html

En bref :

  • Lori Lightfoot, femme noire et lesbienne, est élue maire de Chicago, troisième plus grande ville des Etats-Unis
  • L’homosexualité et l’adultère désormais passibles de lapidation au Sultanat de Brunei.
  • Volodymyr Zelensky, humoriste ukrainien, devance Petro Porochenko au premier tour des élections présidentielles.
  • La nouvelle ère impériale japonaise portera pour nom « Reiwa ».
  • Trump recule concernant son mur à la frontière avec le Mexique mais maintient une pression sur le pays en menaçant d’utiliser l’arme commerciale.

Point Focus sur l’Afrique :

Cette semaine la situation sécuritaire au nord de l’Afrique se dégrade violemment. Alors que l’offensive de l’ANL en Libye inquiète la communauté internationale, les manifestations se multiplient pour des motifs hétéroclites en Algérie, au Mali et au Maroc. La commémoration du génocide rwandais a lieu ce week-end à Paris et à Kigali.

POLITIQUE

Libye – Le maréchal Khalifa Haftar a lancé, ce jeudi, une offensive militaire vers Tripoli. Il dénonce le gouvernement de “l’union nationale” de Faïez Sarraj reconnu par la communauté internationale (CI). Celle-ci appelle à l’arrêt de l’offensive de l’Armée nationale libyenne (ANL) contre l’armée de Sarraj (GNA). L’inquiétude d’une la guerre civile et d’une “reprise du bain de sang” (Kremlin) catalysent la volonté internationale de régler les différends pacifiquement et politiquement.

Les éclaircissements des JI – Le renversement du régime libyen de 2011 suite à la mort de Kadhafi a laissé place aux développements de différentes milices notamment le GNA dans l’ouest, gouvernement présent à Tripoli et reconnu par la CI et l’ANL d’Haftar dans l’est.

En savoir plus : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/04/06/libye-des-combats-dans-le-sud-de-tripoli-font-craindre-un-nouvel-embrasement_5446637_3212.html

Mais aussi …

  • En Côte d’Ivoire, Mariam Dao Gabala, militante pour les droits de la femme a été nommée aux côtés de 32 sénateurs par le président Alassane Ouattara.
  • Au Mali, 10 000 manifestants se sont réunis à Bamako ce vendredi, dénonçant la gestion du pays par les autorités évoquant notamment le massacre du village Peul d’Ogossagou.
  • Egalement au Mali, l’avenir des missions de la MINUSMA est en étude dans la perspective de sa prorogation en juin.
  • Au Maroc, la condamnation des 42 protestants de “la mouvance” (2016-2017) a été confirmé le 5 avril par la cour d’appel de Casablanca. Les peines allant jusqu’à 20 ans de prison reposent sur le motif de “complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat” et sont qualifiées de “procès politique” par les condamnés.
  • Au Soudan, si les manifestations persistent, la présence des manifestants devant le QG de l’armée ce samedi est inédite.

 

ECONOMIQUE

Banque mondial (US) – Le fidèle de Donald Trump, David Malpass, a été sélectionné par le conseil d’administration de la Banque mondial pour prendre les fonctions de président. Seul candidat à la succession de Jim Yong Kim, sa nomination n’est pas une surprise. Selon Jeune Afrique, “la règle tacite veut que la direction de l’institution revienne à un Américain et celle du Fonds monétaire international (FMI) à un Européen.”.

En savoir plus https://www.jeuneafrique.com/759752/economie/lamericain-david-malpass-proche-de-donald-trump-nomme-president-de-la-banque-mondiale/

SOCIETE

Rwanda – Dimanche, le député (LREM) Hervé Berville représentera la France à Kigali pour la commémoration du génocide des tutsis alors qu’à Paris le visage du gouvernement sera Bruno Le Maire. À l’approche de cette 25ème commémoration, le rôle de la France dans cette tragédie revient sur le devant de la scène et devrait être étudié par une commission dédiée. Cette annonce de l’Elysée du 5 avril dernier, fait écho aux précédentes initiatives et aux promesses de campagne qui ont laissé de grandes zones d’ombre sur le dernier génocide du XXe siècle.

Les éclaircissements des JI – Le génocide rwandais débute en 1994, dure 100 jours et décime 90% de la communauté des tutsis vivants au Rwanda. Les accusations contre le gouvernement français de l’époque (Mitterrand et Balladur) se sont multipliées s’appuyant notamment sur la livraison d’armes par la France pour l’armée rwandaise (responsable des massacres).

En savoir plus https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/04/06/rwanda-le-droit-de-savoir_5446680_3232.html

 

Mais aussi …

  • En Afrique du Sud,  le Programme d’exhumation des pendus victimes de l’apartheid a permis d’exhumer et de restituer une cinquantaine de condamnés aux familles.

En Ouganda, lors d’une excursion touristique, une citoyenne américaine et son chauffeur ont été enlevés dans le parc Queen Elizabeth, proche de la frontière congolaise, réputé pour abriter milices et groupes armés.

 

Constance LEFEBVRE et Océane LEMASLE

Master 2 – Relations Internationales.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *