Semaine 42 et 43 : l’actualité internationale

Entre la crise sociale au Chili, le prochain Sommet Russie-Afrique et le Brexit, le point sur les grands événements de l’actualité de ces deux dernières semaines, par Claude Lanot.

Les présidents de Russie et du Mozambique en août 2019 lors d’une rencontre officielle à Moscou. Crédit : Mikhail Mettez via Getty Images

 

Sotchi : « le grand retour de la Russie en Afrique » 

Les 23 et 24 octobre prochains aura lieu à Sotchi le « Sommet Russie-Afrique ». Le président russe pilotera ce sommet avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Une trentaine de chefs d’Etats africains sont attendus pour s’entretenir sur des questions politiques et économiques.Il est possible d’y lire une réplique au FOCAC (le sommet équivalent sino-africain mis en place depuis le début des années 2 000). Pour le président Vladimir Poutine, il s’agit de faire de ces deux jours de dialogues un grand moment diplomatique. Ce sommet peut se lire comme le « grand retour » de la Russie en Afrique (Ifri, avril 2019, Arnaud Kalika). Dans un entretien diffusé lundi 21 octobre, le président russe citait pour preuve de l’engagement de Moscou « la coopération militaire et sécuritaire, l’aide contre Ebola, la formation des cadres africains dans les universités russes ». Il assurait en outre, à l’instar de son homologue chinois, que « tous les projets proposés par la Russie se font sans ingérence politique ou autre ». Certes, ce retour russe (en référence à la situation de Guerre Froide) est teinté d’attaques contre les anciens empires coloniaux mais il se veut aussi une marque de contestation face à la présence croissante de la Chine sur le continent. Cependant, le soft power russe n’est pas le seul à jouer dans les relations avec les anciens alliés africains de l’URSS car les relations russo-africaines passent aussi par le commerce d’armes…

 

Chili : « lassée des inégalités sociales, la population se révolte » 

L’étincelle d’une telle insurrection populaire est due à la hausse de 30 centimes du ticket de métro — une étincelle qui ne serait peut-être que la goutte d’eau qui fait déborder le vase. En effet, les violentes manifestations de ces derniers jours sont le reflet d’anciennes cicatrices : accès à l’éducation inégal, soins de santé très faibles, retraites quasiment inexistantes, corruption… Après un début de protestation pacifique, la violence s’est progressivement accrue et le président Sebastián Piñera a décrété un couvre-feu dans plusieurs régions dont celle de Santiago. En réponse, plus de 9 000 soldats sont présents afin de « défendre la démocratie chilienne » (mots du président). Néanmoins, cet « état d’urgence » n’a pas empêché plusieurs milliers de Chiliens de sortir dans les rues à la nuit tombée pour manifester. D’après le ministre de l’intérieur, le bilan actuel s’élève à 15 morts dont 11 dans la région métropolitaine ainsi que des millions de dollars de destructions…. La situation conflictuelle entre la rue et le gouvernement chilien n’est pas sans rappeler les années de dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) ; mais les manifestants dont une forte partie de la jeunesse est mobilisée ne sont pas prêts d’abandonner. Malgré la répression actuelle, ils comptent bien arriver à rétablir un dialogue avec l’Etat qui fait preuve d’une inaction sociale depuis quelques années.

 

Brexit : « une course contre la montre avant le 31 octobre » 

Alors que Londres et Bruxelles avaient trouvé un nouveau compromis quant au Brexit, jeudi 17 octobre, Boris Johnson n’a pas su persuader les députés britanniques de le ratifier… Il est vrai que le premier ministre britannique n’a laissé que 48 heures aux députés pour se décider, ce qui s’est un peu renversé contre lui et sa majorité. Le « Super Saturday » qui devait marquer la fin de l’interminable et lamentable feuilleton dont parle toute la presse, s’est finalement avéré mort-né.  Pourtant, le locataire du 10 Downing Street ne perd pas espoir et garde comme ligne directrice : tout faire adopter d’ici les dix jours qui le séparent de la date fatidique. Néanmoins, l’opposition travailliste entend bien profiter de l’occasion pour faire passer un amendement relatif à l’organisation d’un second référendum. Ce paysage politique qui règne au Royaume-Uni marque « un nouvel et inquiétant degré de dégradation de la plus vieille démocratie au monde », écrivait le journal Le Monde ce lundi 21 octobre. Face à tout cela, l’Union Européenne se positionne en arbitre d’une querelle qui ne semble plus que britannique.

 

En bref : 

  • Élection canadienne : le libéral Justin Trudeau a été réélu pour un second mandat mais sans majorité.
  • Liban : la colère de la rue pousse le gouvernement à annoncer une série de réformes sociales et budgétaires, sans pour autant satisfaire des dizaines de milliers de Libanais qui ont poursuivi leur protestation à Beyrouth.
  • Israël : après les résultats des législatives de septembre dernier, Benjamin Netanyahu annonce officiellement via une vidéo publiée sur Facebook qu’il renonce à former un gouvernement.

 

Claude LANOT

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